Il était une foi en l'Amérique
Interprétations diverses fête aujourd'hui son premier anniversaire. L'occasion de risquer une petite théorisation de notre « politique des auteurs », celle de l’indie nord-américain. Un genre d'un nouveau genre que l'on défend âprement face à la « qualité anglaise » dominante.
"Come writers and critics, who prophesize with your pen
And keep your eyes wide, the chance won't come again
And don't speak too soon, for the wheel's still in spin
And there's no tellin' who that it's namin'
For the loser now will be later to win"
(Bob Dylan, The times they are a-changin').
And keep your eyes wide, the chance won't come again
And don't speak too soon, for the wheel's still in spin
And there's no tellin' who that it's namin'
For the loser now will be later to win"
(Bob Dylan, The times they are a-changin').

Ses nouveaux défenseurs. Les blogs sont, dans leur majorité, déjà acquis à ce courant. La presse "traditionnelle", même si elle aime toujours ses héros prolos anglais, s'y met aussi, lentement mais sûrement. Sufjan Stevens squatte la deuxième place du podium 2005 des Inrocks, Animal Collective et Clap Your Hands ont droit de cité dans celui de Technikart, et Magic sacre Architecture In Helsinki (pas des Nord-Américains, mais ne chipotons pas) album du mois tout en déplorant que, dans la scène britannique actuelle, "les genres revisités sans grâce ne sont que des gimmicks, et pas des passions chevillées au corps". Le revival rock initié par les Strokes fait encore vendre des journaux, mais plus vraiment rêver les critiques. Proust, qui, vu la longueur de ses romans, aurait sûrement adoré le projet de Sufjan Stevens, l'a mieux écrit que nous : "Les modes changent, étant nées elles-mêmes du besoin de changement".

Son nom. Tant qu'à faire, autant trouver également un nom à ce courant. Un brainstorming même pas alcoolisé s'est finalement prononcé pour indillinoise. Comme indie, bien sûr ; également comme Illinoise de l'ami Sufjan, capitale Chicago, ville de Pitchfork, média dominant de ce nouveau courant (après calcul, les disques de notre top 2005 y recueillent une note moyenne de 8,4 : soit on est vraiment suivistes, soit il existe une vraie communauté de goûts) ; et comme noise, pour finir, parce que tous ses disques, à force de se réapproprier brillamment des strates d'influences superposées, font souvent du beau bruit - eh oui, on adore les Fiery Furnaces et Animal Collective.

Son avenir. Vu le programme des douze prochains mois, notre enthousiasme pour ce courant ne risque en tout cas pas de s'éteindre : TV On The Radio, Shins, Josh Rouse, I Love You But I've Chosen Darkness, Fiery Furnaces... vont revenir affronter l'armée des clones britanniques. Et comme on parlait de Sparklehorse et Wilco, un souhait, pour finir : revenez-nous vite avec un album studio, histoire de mettre la pression à toute la jeune génération. Pour citer au moins une fois un jeune groupe anglais : Apply some pressure. A prononcer avec l'accent américain, ou québecois à la rigueur.
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